QUAND LA BD SPIROU
SERT
A FAIRE DE LA
PROPAGANDE POLITIQUE
Les éditions DUPUIS viennent de nous offrir un superbe album sur la jeunesse de Spirou intitulé :
« SPIROU le journal d’un ingénu »
Le scénario et le dessin sont d’Emile BRAVO.
L’ensemble est fort bien fait (notamment le graphisme) mais certains passages du récit flirte franchement avec de la propagande politique de bas étage ce qui nuit considérablement à l’album.
Le récit se déroule en 1939 à la veille du déclenchement de la seconde guerre mondiale.
Spirou adolescent occupe son premier emploi à savoir groom dans un hôtel de Bruxelles où se déroulent des pourparlers secrets entre un diplomate nazi et des représentants du gouvernement polonais.
Spirou l’ingénu semble ne pas bien saisir la situation politique de l’époque.
Dans cet hôtel il tombe amoureux d’une jeune soubrette qui est en réalité un membre du Kominterm travaillant pour le NKVD (le service secret Russe), laquelle va faire l’éducation politique de Spirou.
Les dialogues du passage en question valent d’être cités dans le détail tant il sont symboliques de la perte de repères de toute une génération et des moyens insidieux utilisés pour détruire tout ce qui à trait à la nation :
Spirou qui fait de la barque avec la jeune fille et questionne cette dernière sur sa nationalité :
La jeune fille : mon père est allemand, ma mère polonaise juive de surcroit ! Je suis née à Dantzig, j’ai grandi en Ukraine et je vis en Belgique ! ca te va comme ca ?
Spirou : Mais …tu es quoi, au juste ?
La jeune fille : Moi ? ben … un être humain..
Spirou : Oui, mais, je veux dire : de quel pays ? Quelle nationalité ?
La jeune fille : Je n’en sais rien … je ne crois pas à l’identité nationale …Eh toi ? Tu te sens belge ?
Spirou : Bien sûr que je me sens belge
La jeune fille : Ah ? Et c’est quoi être belge ? C’est boire de la bière ou du chocolat en lisant Tintin ? Allons soyons sérieux …
Spirou : Mais tu ne peux pas dire çà ! C’est un grand pays, la Belgique ! Comme la France !
(voila où veut en venir l’auteur une critique acide de la nation française !)
La jeune fille : Tu te fiches de moi il n’y a pas de grand pays qui tienne, et l’identité nationale c’est un truc artificiel !
Sans suit une longue tirade sur l’Allemagne nazie puis une attaque en règle de l’identité nationale.
La jeune fille : Tes français avec leurs grandes idées humanistes qui, soi –disant, les caractérisent, eh bien, ils n’ont jamais été à l’abri d’un pouvoir autoritaire !
Et chaque fois qu’il s’installe, cette belle identité disparait !
L’identité nationale, c’est toujours celle dun pouvoir en place et c’est tout.
Spirou : Et alors toi, c’est quoi ton pouvoir en place ?
La jeune fille : Mon pouvoir ?....
Mon pouvoir, il est IN-TER- NA-TIO-NAL !!
Voila un habile moyen de faire de la propagande à l’attention des enfants et des adolescents !
Remarquons toutefois le réalisme de cette bande dessinée puisque que ce discours antinational est tenu par une jeune fille cosmopolite et apatride qui a un problème d’identité à l’opposé de Spirou qui lui se sait belge et en tire une certaine fierté.
Le problème étant que celui qui a une identité est présenté comme un jeune nigaud inculte !
Durant le reste du récit le personnage de TINTIN symbole de la Belgique est plusieurs fois mal traité ( il est qualifié de rexiste ou de héros bourgeois !) mais que la vérité historique est maintenue notamment le cynisme de la Russie soviétique à travers le pacte d’acier avec l’Allemagne nazie et que la jeune fille semble avoir été victime des purges de Staline !!!