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jeudi, 10 juillet 2008
EDOUARD FERRAND (secrétaire national du FN de l'Yonne)

NPI : Edouard Ferrand, bonjour. Pouvez-vous vous présenter ?
J’ai 43 ans, marié à une Auboise de la Champagne toute proche. Notre témoin de mariage a été le colonel Pierre Château-Jobert, compagnon de la Libération , commandeur de la Légion d’honneur et commandant OAS-Est algérien. Comme cadeau de mariage, il m’a offert son béret rouge des SAS lorsqu’il a été parachuté en Normandie en 1944. Nous avons cinq enfants. Après des études d’histoire commencées à l’université Lyon III, je poursuis mes études à Paris où je suis diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme, de l’Ecole des Hautes études internationales, d’un Doctorat de science politique de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. J’ai été ensuite Chargé de recherches à la Fondation pour les Études de Défense à l’Hôtel National des Invalides à Paris puis maintenant associé-gérant dans une société immobilière présente en Ile-de-France, Nord/Pas-de-Calais et en Bourgogne.
NPI : Quel a été votre parcours politique ?
La politique, je l’ai apprise à bonne école : mon arrière-grand-père, Octave Ferrand, a été maire de Vassy-Étaules dans l’Yonne de 1896 à 1906. Mon père est ancien premier Maire-adjoint de la commune de Vassy-Étaules, chevalier de la Légion d’honneur et chevalier du Mérite agricole. Ma mère est médaillée de la famille nombreuse et mon grand-oncle, l’abbé Bernard Ferrand, a été le fondateur entre les deux guerres de la colonie des Florimontains, mouvement des jeunes icaunais, plusieurs fois récompensé par l’Académie française. Ecclésiastique mais aussi capitaine de réserve, il a été le chef du réseau Alliance dans l’Yonne. Dénoncé, il est exécuté au camp du Struthof en septembre 1944. Une place porte son nom dans sa commune natale, une rue à Avallon et de nombreuses plaques dans le département rappellent son engagement au service de la France. Chevalier de la légion d’honneur à titre posthume, il fait partie des 195 écrivains-combattants morts pour la France dont le nom est gravé au Panthéon à Paris.
Adhérent du Front national depuis 1983, j’entame à l’université Lyon III, l’aspect pratique de la politique en fondant en 1987 le Comité de liaison des étudiants, syndicat d’étudiants contre la grève. Je me lance ensuite en politique pour la première fois comme candidat en 7ème position derrière Georges Labouche et en compagnie de mon ami François Donnadille lors des élections municipales de 1989 à Sainte-Foy-lès-Lyon dans le Rhône. Neuf années plus tard, une fois installé dans la vie active, je suis candidat aux élections cantonales d’Avallon en mars 1998 et obtient 13 % des voix au premier tour. Élu Conseiller régional de Bourgogne en mars 1998, je suis élu 2ème vice-président de la commission Formation professionnelle, époque où le groupe FN porte Jean-Pierre Soisson à la tête de l’exécutif bourguignon.
NPI : Vous êtes membre du Bureau Politique, comment cela se passe pour les « petits nouveaux » dans cette instance ? Vous avez droit à la parole ?
Tout d’abord, le 14 décembre 1998, suite à félonie du responsable local, je suis nommé par le Bureau politique secrétaire départemental du FN de l’Yonne. Quelle responsabilité ! Puis le 18 novembre 2007, suite au Congrès de Bordeaux, je suis nommé par Jean-Marie Le Pen Membre du Bureau politique du Front national. Alors là, j’étais anxieux de savoir si j’étais à la hauteur de la tâche… administrateur du FN ! Lors de mon premier Bureau politique, j’étais impressionné ! Par la suite, j’ai pris la parole aisément dans les débats.
NPI : Vous
avez publié en avril 2003 avec Jean-Lin Lacapelle, Conseiller régional de la région Centre, un livre intitulé “Sur tous les Fronts, Itinéraires de militants” aux Éditions Objectif France. Cet ouvrage, préfacé par Jean-Marie Le Pen, dépeint quatorze portraits de militants qui viennent d’horizon les plus divers, choisis parmi les dizaines, voire les centaines de milliers que le Front national a vu passer en trente ans d’existence. Que sont-ils devenus ?
Avec mon ami de trente ans, Jean-Lin Lacapelle, conseiller régional de la région Centre, nous avons souhaité présenter des hommes et des femmes connus ou inconnus qui ont fait à leur manière l’histoire du FN. Malheureusement depuis, certains ont trahi… les autres sont restés fidèles. Un parti politique, c’est un regroupement humain avec ses forces et ses faiblesses. C’est une école de la vie qui mérite d’être tentée.
NPI : Vous allez nous faire une suite ?
Oui, certainement et vous y figurerez en bonne place car vous êtes un vrai et un bon militant que je respecte et que j’apprécie !
NPI : Comment ça va pour le FN en Région Bourgogne ?
Fini le temps où Jean-Pierre Soisson avait été élu par deux fois avec les voix du FN et où le chablis coulait à flot ! Dorénavant, c’est un socialiste sectaire à la tête de cette belle région. Nous formons un groupe de six élus : Pierre Jaboulet-Vercherre, Christiane Colas, Régis de La Croix-Vaubois, Christian Launay et Annie Robert. Louis Aliot, garçon extraordinaire et plein d’énergie est venu le 28 mai animer une réunion avec les cadres de la région afin de mieux restructurer cette région qui obtient d’excellents résultats. Nous sommes le poumon historique de la France et la terre de la gastronomie avec les plus grands vins du monde ! Notre Marcel Pagnol local, Henri Vincenot déclarait : « Faire le bien, éviter le mal, c’est ça le paradis », c’est aussi notre devise. Sur un autre plan, nous avons monté quatre listes aux municipales en Bourgogne et ma grande satisfaction est que mon ami Richard Jacob soit élu conseiller municipal d’Auxerre.
NPI : Souhaiteriez-vous des rapprochements avec d’autres mouvements pour les prochaines échéances ?
Je ne crois pas à la dispersion des hommes et des idées ; la restauration des valeurs ne se fera qu’avec le Front national.
NPI : Quel est votre plus beau souvenir ?
C’est un souvenir politique. Il s’agit de ma première participation à un second tour, une sorte d’enracinement et de reconnaissance au travail en local ! Aux élections cantonales de mars 2004, je réalise sur le canton de Sens sud-est 23,80 % au premier tour et je me maintiens dans une triangulaire au second tour et obtient 21,72 %.
NPI : Le plus mauvais ?
C’est de perdre mon mandat de conseiller municipal de Sens, ville de 27000 habitants. Durant sept années avec assiduité et efficacité, j’ai travaillé seul mes dossiers et me suis investi à fond pour cette belle ville du nord du département de l’Yonne. Mais ce n’est qu’un au revoir !
NPI : Votre plus grand regret ?
Les Français ! Plusieurs fois ils ont eu rendez-vous avec l’Histoire ! En 2002, Jean-Marie Le Pen pouvait écraser la chienlit et rétablir les valeurs nationales. Les Français sont des pleutres, des veaux qui ne vivent que pour les 35 heures et les 5 semaines de congés payés… Il faut lire Abel Bonnard dans Les Modérés pour comprendre cette attitude exécrable de la bourgeoisie. Je suis amer car notre pays va mal, avec toujours plus d’immigrés, un pouvoir d’achat en chute libre, une insécurité toujours aussi importante et des lois vendues à Bruxelles.
NPI : Quel personnage politique passé admirez-vous le plus ?
Léon Daudet. J’aime cette école de l‘Action française emmenée par Charles Maurras qui reste l’école de pensée la plus puissante contre les ennemis de la France. Toute personne entrant en politique devrait avoir lu « Député de Paris », l’ouvrage de souvenirs de Léon Daudet. Avocat de formation et seul député de Paris de l’AF entre 1919 et 1924, sa formation et sa verve remarquable en fit le seul opposant à lui seul de la chambre. Utilisant sa forte culture générale et son humour ravageur mêlé à ses réparties tantôt sarcastiques, tantôt assassines, il était craint de tous et contribua à mobiliser l’opinion contre les nombreuses affaires de trahison. « Qui n’a pas été député ne saurait se faire une idée du vide humain.» Ah, quel grand homme !
NPI : Présent ?
Je viens de passer la journée de dimanche dans le Morvan, lors de l’université des jeunes FNJ, avec Jean-Marie Le Pen. C’est un monument, un personnage de légende comme le roi Arthur. Il n’a jamais cédé. Il est le meilleur. Quel plaisir de partager ces moments de bonheur avec un tel personnage ! Mais surtout quel honneur de servir à ses côtés. Il est toujours optimiste et réconfortant : « Le Front National est de retour. On n’a pas fini d’entendre parler de nous. Annoncez-le dans vos quartiers, vos villages, vos villes, dans vos lycées et vos écoles, vos ateliers et vos bureaux. Dites aux Français qu’ils ne sont pas seuls et que l’espoir est de retour ! »
NPI : Internet est de plus en plus utilisé en politique. Qu’en pensez-vous ?
C’est un vecteur indispensable dans nos contrées rurales. C’est un outil de ré-information contre le vide humain et la domination de la pensée unique. Car nous n’avons ni radio, ni presse, ni média, ni l’argent des trusts. Il permet surtout d’éviter l’impression de tracts. Cher Jacques, si seulement tous nos militants pouvaient acheter un ordinateur, se connecter et communiquer, nous gagnerions du temps, de l’argent. Je ne peux que vous encourager, cher ami, de continuer votre action sur internet. J’invite tous nos amis à aller sur vos sites voir le travail admirable que vous y effectuez : Nations Presse Info bien sûr , votre blog personnel , mais aussi le très bon forum des patriotes « Paroles de France » . Sites que je visite régulièrement.
NPI : Vous avez un blog ?
Oui, edouardferrand.hautetfort.com
NPI : Une conclusion ?
Le Front National est bel et bien vivant et déterminé à continuer le combat qu’il mène depuis plus de 30 ans. Nous venons de vivre quatre élections majeures en deux ans et nos résultats sont peut-être décevants. Les épreuves font partie des risques de la vie. Mais nous avons tout connu : les attaques, les campagnes de provocation, les injures, les calomnies, les persécutions, rien ne nous avait été épargné par nos ennemis et pourtant nous n’avons cessé d’aller de l’avant. Il en sera de même demain et après-demain avec nous et plus tard sans nous quand nous aurons transmis le flambeau. C’est autour du FN que se rassembleront les Français le jour venu. Haut les cœurs !
SOURCE : http://nationspresse.info
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