Claude Autant-Lara est né le 5 août 1901 à Luzarches dans le Val d’Oise. Il y a aujourd’hui 105 ans.
Il est décédé à Antibes le 5 février 2000.
Sa carrière dans le 7e art a commencé par des métiers subalternes – décorateur, puis assistant (de René Char) – avant qu’il ne devienne un réalisateur reconnu.
Sa filmographie compte plusieurs chefs-d’œuvre du cinéma français et de nombreux films à succès : Le Diable au corps (1946), L’Auberge rouge (1951), la Traversée de Paris (1956), Le Franciscain de Bourges (1968)… Il a reçu diverses décorations telles que le grand prix de la Critique internationale (1947), le grand prix du Cinéma français (1954) ou le prix Europa de Rome (1974). Il a également travaillé aux Etats-Unis avec les plus grands : Buster Keaton, Douglas Fairbanks Jr., Joan Crawford, Clark Gable, … Il y a surtout connu les financiers qui dirigent le cinéma hollywoodiens… (et pas que le cinéma d’ailleurs…)
Il fut le « défenseur d’un cinéma français dans la tradition socialiste, poétique, anarchiste, antimilitariste et anticléricale d’un Prévert ». Il assura cette défense via la présidence du Syndicat des techniciens du cinéma (1948-1955) et comme président de la Fédération nationale du spectacle CGT (1947-1963) avant de rallier la seule alternative au mondialisme : le nationalisme.
Claude-Autant apporta en effet son soutien à Jean-Marie Le Pen lors des élections présidentielles de 1988 ; il fut élu l’année suivante membre du Parlement européen sur la liste du Front national. Dès lors ses anciens « amis » de gauche le traînèrent dans la boue (Henri Elkaïm de Globe, condamné à 20 000 FF d’amendes ; L’Evénement du Jeudi, également condamné…).

Il eut à prononcer durant ces années deux discours qui connurent un retentissement incroyable. Le premier pour sa réception à l’Académie des Beaux-Arts, où il fustigea l’américanisation de la société et de la culture – ce texte a été édité sous le titre Le Bateau coule (Libertés, 1989). Le second, en tant que doyen du Parlement européen, le discours inaugural de la session du Parlement, qui fut boycotté par tous les « démocrates » de gauche comme de droite. Il y dénonça « la gestion déplorable du cinéma français […] et le cosmopolitisme à la mode ».
En butte aux pressions de tous ce que la France et l’Europe compte de lobbies malfaisants, il démissionna en septembre 1989. De leur côté, les membres de l’Académie des beaux-arts, dont il était vice-président à vie, choisirent de lui interdire désormais de siéger parmi eux.
Il a publié divers ouvrages, notamment Télémafia (Alain Lefeuvre, 1981), une autobiographie, La Rage au cœur (Henry Veyrier, 1984) et Les Fourgons du malheur (Carrère-Lafon, 1987, qui le retira de la vente, réédité par Le Flambeau, 1992).
Citations extraites du discours inaugural de Claude Autant-Lara devant le Parlement européen :
« Mais – et c’est là où j’entends en venir – ce n’est pas, que je sache, l’Union soviétique qui menace notre culture.
NOS cultures, mes très chers frères Européens.
Cette menace ne nous vient QUE des Etats-Unis d’Amérique.
Et elle est terrifiante.
Car, si un peuple se remet d’une défaite MILITAIRE – et même s’il s’en remet très bien, voyez le Japon – ou d’une défaite économique, comme l’Allemagne de 1930 – il ne se remet jamais – JAMAIS – d’une défaite culturelle. »
« Ce n’est pas tout.
Je continue à explorer la perplexité des électeurs.
L’exemple que je choisis me vient d’un mai très cher – homme de foi chrétienne – pourtant, là aussi, je ne suis pas féru de cléricalisme…
- L’Europe, me dit-il. Avez-vous réfléchi à son drapeau… ?
Et il continuait :
- Regardez-le bien… ce drapeau… comment – avec lui – elle se présente… l’Europe ? QUE DE MARCHANDS ! Ca ne vous rappelle rien … ? AUCUNE préoccupation spirituelle… ou CULTURELLE….
Bien obligé, n’est-ce pas – avec « l’esprit marchand »… Je suis athée – dégagée de toutes préoccupations métaphysiques – mais le langage de cet ami chrétien m’a touché – beaucoup.
Emu.
Alarmé même.»
« Car avant, ce démon étendait sa peste. Mais il avait un peu honte de sa propre haleine. C’était un démon qui faisait ses coups dans le noir, jusque-là, en rasant les murs…
Ses victimes le méprisaient…
Or, aujourd’hui, même ses victimes sont CONVERTIES à sa loi !
Il s’agit du démon « PROFIT ».
Je précise bien, ici, que j’emploie le mot « profit » dans le sens de LUCRE. »
« Il se trouve donc que, par malheur, j’ai été l’un des principaux artisans – bien involontaire – du départ de l’effroyable INVASION qui s’en est suivie…
Invasion sans colon.
Invasion sans armée.
Sans le moindre gendarme.
Beaucoup plus fort que tout cela.
Car cela se révéla le plus FORMIDABLE de tous les gaz – ce nuage euphorisant – imaginé en guise de préparation d’artillerie.
Par écrans interposés.
LES ORGUES DE L’ONCLE SAM. »
« Désormais, mes chers Collègues du Parlement, en tout cas, vous ne pourrez pas dire que vous ne saurez pas TOUT.
Je vous aurai averti.
A l’avance.
Et je voudrais ajouter, chaleureusement, ce dernier avertissement.
Le jour où l’Europe aura rendu son dernier mot, le monde ne sera plus loin de rendre son dernier soupir.
Mes chers collègues, je suis un « patriote spirituel ». Pour se moquer, certains disent un « Déroulède culturel ». Mais je tiens à vous dire, moi, affectueusement, culturellement – européennement – que je n’ai pas d’autres ennemis, en Europe, que les mous, les résignés.
Les SOUMIS.
Les acquis.
Les vaincus volontaires.
Ou les stipendiés…
Les indifférents à leur propre disparition.
Je ne perdrai pas mon temps, ni le vôtre, à murmurer de sempiternelles « lamentations ».
Ni en gémissements pour de prétendus « crimes contre les HUMANITES ».
On en a tant vus – en toc. »
« Je dirai que tout homme, en Europe, quelle que soit sa couleur politique, qui s’élèvera CONTRE la menace, ou la fatalité, de sa propre disparition, est mon frère – celui-là seul. »
« Oui, je m’adresse ici à l’instinct de conservation de TOUTES les jeunesses.
S’il leur en reste.
Aucun discours.
Aucun sermon.
Aucune philosophie.
Seulement… seulement, un simple VŒU.
Un vœu qui, peut-être, vous semblera dérisoire – mais combien il est symbolique.
Je demande – solennellement – à TOUS les jeunes de mon pays, à tous les jeunes de TOUS les pays, d’accepter une dérogation à ce qui est devenu pour eux – hélas – un réflexe.
Je leur demande, à l’heure des libations…
…une fois…
… une seule fois – au moins..
… de renoncer au COCA-COLA.
Et de commander à la place, de commander…
…tenez… un petit ballon de vin blanc, de chez nous…
…d’Alsace bien sûr…
…Traminer… Riquewir…
… de bien le brandir…
…de bien lever le verre…
… de bien le regarder, doré, transparent…
… de bien le HUMER, avant de le boire.
C’est tout.
Si, par malheur, après cette expérience, le Coca-Cola reprenait le dessus…
…rien – RIEN…
… rien ni personne ne pourrait plus rien pour eux.
Ce verre serait, alors, celui du condamné. »
Claude Autant-Lara 15 juillet 1989

































Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://fnvilleurbanne.hautetfort.com/trackback/1703896
Commentaires
Tu ne l'as plu la vidéo de CLAUDE AUTANT-LARA que tu avais posté ici même?. Dommage....
Ecrit par : Maya | lundi, 14 juillet 2008
Ecrire un commentaire