
Radovan Karadžić a été arrêté. Celui qui fût le président de la république serbe de Bosnie ne reverra plus jamais la liberté. Qu’a donc fait cet homme pour mériter ce traitement, pour être diabolisé à ce point ? Qu’a t’il fait de pire que les autres présidents des républiques dites démocratiques ?
La réponse est rien, strictement rien. Radovan Karadžić était un patriote sincère qui souhaitait par-dessus tout défendre sa terre et son peuple. Les guerres balkaniques ont toujours été terribles et sanguinaires, ne le nions pas, mais faut-il pour autant faire peser la faute de ce drame sur un seul peuple, sur une seule personne ? Les médias occidentaux dans leur quasi-totalité accusent les Serbes d’être responsable de la guerre de Bosnie. Pourtant bien peu de personnes savent qu’à Karađorđevo, le 25 mars 1991, le président serbe Milošević et le président croate Tuđman avaient trouvé un accord qui prévoyait de partager la Bosnie en trois zones : l’une Croate, l’autre Serbe et la dernière Musulmane. Mais cet accord est tombé à l’eau après qu’Alija Izetbegović(1) – le chef des Musulmans, qui reçut solennellement en 1993 sous le haut patronage du roi Fayçal, à Riyad, le prix islamique en faveur du jihad - l’ait refusé sur conseil Américain. Les Etats-Unis avaient promis à Izetbegović qu’en refusant cet accord, il aurait par la suite une grande Bosnie sous tutelle musulmane. Les Musulmans ne représentaient à cette époque que 44% de la population bosniaque, le reste étant partagé entre Serbes et Croates. La guerre de Bosnie, qui fit 258 000 morts, aurait ainsi pu être évitée. Mais pour les médias occidentaux, Radovan Karadžić est le principal responsable du conflit ainsi que du massacre de Srebrenica qui fit « 7000 à 8000 morts musulmans ». Je met volontairement des guillemets car aujourd’hui aucune personne n’est capable d’indiquer la source de ces chiffres ni de les prouver. Un rapport de l’ONU atteste que la chute de Srebrenica s’est faite selon les normes internationales et que la population civile a été correctement traitée. Il semblerait bien que ce soi-disant massacre soit une mise en scène comme l’a été celui de Račak au Kosovo et qui a servi de justification aux bombardements de l’OTAN en 1999. On cherchait tout simplement un Guernica à agiter contre les Serbes pour les besoins de la propagande et on l’a fabriqué avec Srebrenica.
L’arrestation de Radovan Karadžić est une insulte supplémentaire faite au peuple serbe. Boris Tadić, actuel président de Serbie et complice de cette arrestation, montre son vrai visage de traître. Il ne donne que plus de poids aux affiches de Familja Srpska Navijača, placardées dans tout Belgrade voici quelques semaines et montrant le visage de Boris Tadić sur lequel était écrit : « ennemi de la nation ». Radovan Karadžić est considéré comme un héros chez de nombreux Serbes, il a été donné par Tadić en échange de la future adhésion de la Serbie à l’UE, du fric contre un héros, triste époque que voilà.
Soyez en sûrs, Radovan Karadžić ne reverra plus la liberté et il mourra comme Slobodan Miloševič entre les murs d’une prison. Le Tribunal pénal international qui condamnera Karadžić est un tribunal illégal au regard du droit international. Il est financé par des Etats hostiles à la Serbie mais aussi par des individus tels que George Soros (2). Difficile de croire à une justice impartiale dans ces conditions… Cette justice n’en n’est pas une. Nous avons affaire à un apartheid judiciaire qui poursuit les Serbes pour des exactions commises au Kosovo ou en Bosnie mais pas les Albanais qui se sont livrés à du trafic d’organes de civiles serbes en 1999, ni les Américains qui ont bombardés des écoles et des hôpitaux, crimes contre l’humanité commis au nom de la guerre « zéro mort ». Pourtant une justice internationale devrait s’adresser à tous et pas seulement aux Serbes. Les guerres du passé avaient au moins le mérite de reconnaître le courage de l’ennemi et le respect de celui-ci lorsqu’il était honorable. Le vainqueur accordait les honneurs de la guerre au vaincu. Ce tribunal vient de bafouer cette vieille tradition afin de diaboliser le vaincu et le rende coupable de tous les maux, et ce, dans l’unique but de justifier une guerre « juste » qui se fait au nom du « bien ». Le tribunal pénal international où va être déféré Karadzić n’est que le dernier acte d’une guerre en trois temps qui a commencée par la diabolisation du peuple Serbe, précédant son massacre par les milices et par les avions de l’OTAN.
L’arrestation de Radovan Karadžić a été fêtée dans tout Sarajevo par les Musulmans. Sarkozy et Kouchner ont salué ce « jour historique ». Mais pour tous les amoureux de l’honneur et de la liberté, ce jour là est un jour de deuil. Les héros sont traduis en justice et traités comme des chiens tandis que les traîtres et les criminels de guerre professionnels tels Bush, Clinton, ou Thaçi sont en liberté. Mais soyons certains que ce monde vulgaire qui ne respecte plus rien disparaîtra. Il sera chassé comme l’ont été les Ottomans en 1912 après 5 siècles et demi d’occupation. Nous allumerons alors, nous aussi à notre tour, tel le roi Alexandre après avoir libéré le Kosovo du joug Ottoman, la flamme de la renaissance.
Arnaud Borella
Président de Solidarité Kosovo
(1) En 1983, douze intellectuels musulmans ont été accusés de propager le fondamentalisme religieux et de vouloir imposer l’islam à l’ensemble de la Bosnie-Herzégovine. Alija Izetbegović fut parmi ces douze accusés. Après être sorti de la prison, Alija Izetbegović a visité plusieurs pays islamistes au Proche-Orient. Quand il est retourné en Bosnie-Herzégovine il a fondé le parti nationaliste SDA. Alija Izetbegović : « Il n’y a pas de paix, ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales non-islamiques […]. Le mouvement islamique doit et peut prendre le pouvoir dès qu’il est normalement et numériquement fort, à tel point qu’il puisse non seulement détruire le pouvoir non-islamique, mais qu’il soit en mesure d’être le nouveau pouvoir islamique […] », Alexandre Del Valle, Guerre contre l’Europe Bosnie-Kosovo-Tchétchénie… Éditions Syrtes.
(2) Lire L’apartheid judiciaire de Pierre Marie Gallois et Jacques Vergès aux éditions L’Age d’Homme.
SOURCE : NOVOPRESS INFO

































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