samedi, 01 novembre 2008

ENTRETIEN AVEC ERIC DOMARD, DIRECTEUR DU JOURNAL "AU FRONT"

Eric Domard

Eric Domard

NP Info : Eric Domard, bonjour. Pouvez-vous vous présenter ?

J’ai 37 ans. Je suis journaliste et adhérent du Front National depuis 1988. J’ai intégré l’équipe rédactionnelle de Français d’Abord en janvier 1996. Suite à la disparition de FDA en mars 2008, Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, vice-présidente en charge de la communication, m’ont confié la direction du nouveau journal Au Front.

Pourquoi le lancement d’un nouveau mensuel ?

Avec les disparitions de FDA et National Hebdo, le Front National se retrouvait d’un seul coup sans journal. Il fallait à tout prix recréer le lien organique indispensable entre le mouvement ses adhérents et ses sympathisants. C’est le rôle joué par le mensuel Au Front.

Un nouveau FDA en quelque sorte ?

Pas véritablement. Français d’Abord avait son histoire et sa propre spécificité. Au Front est d’un concept plus modeste au niveau de la pagination, et ce pour répondre à de nouvelles considérations financières. Son format et la maquette sont différents et répondent à un souci de nouveauté et d’originalité.

Justement, quelles sont les nouveautés que l’on peut découvrir en parcourant ce nouveau journal ?

Nous avons voulu mettre l’accent sur la formation des adhérents frontistes et sur les activités militantes, deux axes essentiels et déterminants pour la progression de nos idées. Au Front consacre 2 pages sur 8 aux fédérations du Front National, à l’activité des élus mais aussi aux militants trop souvent dans l’ombre et que nous souhaitons mettre à l’honneur. De même, nous avons voulu accorder une large place aux analyses des cadres du mouvement mais également aux interventions des personnalités extérieures sur les sujets de société. La page Tribune leur est consacrée.

Au Front a été lancé en juillet 2008. Peut-on parler aujourd’hui d’opération réussie ?

Au Front a rencontré un véritable succès auprès des adhérents et sympathisants du FN. C’est bien, mais ce n’est pas encore suffisant. Comme vous le savez, la presse non-conformiste ne bénéficie d’aucun appui financier. Le journal repose sur le seul soutien de ses lecteurs. Il est par conséquent impératif que ceux — et nous les en remercions — qui se sont déjà abonnés, le diffuse et le fasse connaître au plus grand nombre.

Justement, comment faire pour s’abonner ?

Il suffit de nous contacter au 01 41 12 10 26 ou par courriel à l’adresse suivante : eric.domard@wanadoo.fr
L’abonnement est de 30 euros par an.

Quels sont vos objectifs pour les mois à venir ?

Inscrire Au Front dans la durée pour qu’il devienne le porte-étendard de la presse libre, et qu’il permette à chacun de suivre l’actualité politique, économique et sociale, sans le prisme totalitaire du médiatiquement correct.

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mercredi, 01 octobre 2008

THIERRY GOURLOT (Conseiller Régional FN de Lorraine)

Thierry Gourlot

Thierry Gourlot


NPI : Thierry Gourlot, bonjour.
Pouvez-vous vous présenter ?

J’ai 49 ans, et père de 3 filles (22, 19 et 17 ans).
Fils, petit-fils et arrière-petit-fils de cheminot, je suis agent de maîtrise… à la SNCF, à la Surveillance Générale (la « Police Ferroviaire » en somme).
Diplômé en droit et en criminologie, sous-officier de réserve honoraire de l’Infanterie.
Par ailleurs responsable associatif, syndicaliste et lauréat de plusieurs prix de poésie.

NPI : Quel a été votre parcours politique ?

Je suis « tombé » dedans dès l’âge de 14 ans. Passionné par l’histoire de France, je n’ai eu de cesse de « faire quelque chose » pour mon pays et pour son peuple. Soucieux de justice sociale, j’ai « flirté » à 15 ans avec l’AJS (mouvement des jeunes de l’OCI) mais la rencontre avec un surveillant pied-noir où j’étais, au lycée de Gérardmer, à été déterminante pour la suite de ma vie politique. Il m’a fait découvrir « Minute », « Rivarol », « Aspects de la France », « Ecrits de Paris », etc. J’avais trouvé ma famille d’esprit et j’y suis toujours.

Le premier parti politique où j’ai adhéré en 1977 fut le CNIP de Philippe Malaud, parti que j’ai quitté en 1978 pour adhérer au FNJ. Pour l’anecdote, j’étais au CNIP avec l’actuel député-maire UMP de Woippy, François Grosdidier, qui lui à quitté ce mouvement en même temps que moi pour rejoindre… le PFN.

Responsable FNJ de Lorraine jusqu’en 1982 où, j’ose l’avouer, je rencontre le député RPR atypique Jean-Louis Masson et le rejoins au RPR. En même temps que François Grosdidier qui quitte le PFN, lui aussi pour le RPR. François Grosdidier a d’ailleurs été le témoin de mon mariage en 1985. Je deviens Président des jeunes RPR de Metz jusqu’en 1985, année de mon retour au Front National, parti qui n’avait jamais quitté mon esprit ni mon cœur, et au sein duquel j’avais tant d’amis. Au point que lors de mes années RPR, je participais chaque année au défilé de Jeanne d’Arc.

En 1985 toujours, je revois Jean-Marie Le Pen qui me dédicace une photo avec cette mention : “il lui sera beaucoup pardonné, parce qu’il a beaucoup péché” et je revois mon ami Jean-Pierre Stirbois qui me nomme secrétaire départemental du FNJ Moselle de 85 à 87, puis secrétaire régional de 87 à 89.

Par ailleurs étudiant en capacité en droit à la Faculté de Metz, j’ai été élu au conseil de la faculté de droit de Metz sous le sigle de l’UNI de 87 à 89.

Attaché de presse du FN 57 de 85 à 89. Une mutation professionnelle me mène dans les Hauts-de-Seine (de 87 à 91) où je suis membre du bureau fédéral.

De retour en Lorraine en 91, je retrouve ma place au bureau fédéral. Je suis secrétaire départemental de la Moselle de 1998 à 2000. Aujourd’hui je suis secrétaire régional et membre du bureau politique.

Militant de terrain, j’ai une vingtaine de participations électorales à mon actif (municipales, cantonales, législatives, sénatoriales et européennes).

En outre, j’ai eu le privilège d’avoir été le collaborateur parlementaire de Guy Herlory, député de la Moselle en 86 et celui de Marie-France Stirbois, député d’Eure-et-Loire en 89.

J’ai été conseiller municipal (et président de groupe) de Metz de 95 à 98, et je siège comme conseiller régional de Lorraine depuis 1998 (président de groupe depuis 2004).

NPI : Aujourd’hui vous êtes responsable du Groupe FN au Conseil Régional de Lorraine. Pouvez-vous nous parler de la situation de votre groupe après le départ des deux conseillers régionaux Ferrier et Wagner ?

Pour prendre une métaphore d’aérostier (Pilâtre de Rozier, le premier aéronaute, est né à Metz), nous avons lâché du lest et nous monterons encore plus haut.

NPI : Nous avons publié ici l’engagement contractuel qu’avaient pris ces deux élus lors de leur investiture par le FN. Ils s’étaient engagés, comme tous les élus, à reverser une partie minime de leur indemnité et ne l’ont pas fait. Que vous inspire cette attitude ?

A la fois du mépris et de la pitié. S’ils n’étaient plus d’accord avec le parti qui avaient fait d’eux des élus, la droiture et l’honneur — mais peuvent-ils comprendre le sens de ces mots et de ces valeurs ? — leur commandait de démissionner de leurs mandats, mais évidemment ils ont choisi les deniers de Judas et le déshonneur. Ils doivent quand même avoir du mal à se regarder dans une glace quand ils se rasent le matin.

NPI : Avez-vous d’autres éléments à fournir à nos lecteurs sur ces personnages ?

Moins on parlera d’eux, mieux ça sera. Néanmoins, je fais un distinguo entre Wagner qui, je pense, a été victime d’un ego disproportionné, mais qui n’est pas toujours dénué de sens politique, et Ferrier qui est un véritable contorsionniste de la politique. Un jour avec Marine à Génération Le Pen (comme Wagner d’ailleurs), un autre jour à Terre & Peuple de Pierre Vial, en même temps qu’à Chrétienté-Solidarité de Bernard Antony et qu’avec les Identitaires… le lendemain à L’Esprit Public de Bompard (comme aussi Wagner) puis à la NDP de Touzé (ce dernier à d’ailleurs amené Ferrier au FN) avant de trahir (c’est une constante) celui-ci pour la NDP version Spieler/Hélie, en attendant d’autres trahisons et contorsions… un artiste je vous dis.

J’allais oublier, lors de la constitution de la liste régionale, Wagner ne voulait pas de Ferrier, qu’il ne sentait pas. Et réciproquement. Au point que Wagner, mon premier directeur de campagne fut remplacé par Ferrier, expert en intrigues. Mais tirons la chasse, ouvrons les fenêtres, un peu d’air frais nous fera du bien, passons à autre chose.

NPI : Quel est votre sentiment sur la création de nouveaux partis politiques au sein du courant national ?

Chacun a le droit de s’exprimer, mais en la matière je crois que c’est plus une querelle d’ego, et de leurs petites cours, que de partis politiques.

Je pense que c’est une richesse que se crée de nouveaux cercles ou groupes de réflexions, tant que cela se limite, et c’est déjà énorme et nécessaire, à la réflexion, ou alors à des actions caritatives ou de solidarité, d’échange ou d’entraide.

Mais sur le terrain électoral, je crois qu’il ne faut partir que sous la seule bannière du Front National, ou alors sous celle du Parti Populiste, qui est en plein accord avec le vaisseau amiral de la Droite, Sociale et Populaire, qu’est le Front National.

NPI : Cela se passe comment à l’Assemblée régionale de votre région ? Pouvez-vous agir ?

Je vous répondrai par l’histoire du verre à moitié vide ou du verre à moitié plein. Notre capacité à faire changer les choses et limitée, néanmoins nous tenons notre rôle lors des commissions techniques, permanentes et plénières.

Interventions, interpellations, voire révélations de scandales, notre groupe est sur la brèche en permanence. Je tiens à saluer ici mes collègues : Bruno Bilde, notre juriste dont les interventions sont toujours redoutées par l’exécutif ; Françoise Grolet, qui mois après mois égrène et dénonce les subventions attribuées aux associations pro-immigrées, ou aux associations et manifestations pseudos-culturelles – devant la pertinence de ses propos, il est arrivé au Président du Conseil Régional de lui donner publiquement raison, au grand dam de ses amis – ; Jean-Luc Manoury, qui s’est fait une spécialité des interventions sur l’environnement et l’écologie au point parfois de rendre muet les Verts ; sans oublier le trio de charme et de choc, Nathalie Pigeot, Chantal Odile et Geneviève Thiry.

NPI : Pouvez vous nous raconter une anecdote politique ?

Il y en a beaucoup, mais je me rappelle de la rage et de la colère du Président Masseret lors d’une assemblée au moment du vote sur la constitution européenne. Je m’y étais rendu avec ma collègue Nathalie Pigeot, et nous étions vêtus d’un polo floqué d’un grand « NON ».

Il nous a demandé d’enlever ceux-ci, je lui ai dit que ce NON pouvait avoir d’autres significations comme « non », par exemple « non, je ne suis pas un homme facile ». Sur son insistance, je l’ai enlevé et j’ai siégé pour la première fois torse nu dans une assemblée. Pour l’anecdote toujours, le président a demandé que ma collègue enlève à son tour son polo… avant une suspension de séance.

Plus sérieusement, je garderai toujours en mémoire la cantonale sur le canton de Metz 1 en 1998, où j’ai éliminé au premier tour les candidats UDF et RPR pour affronter au second tour le socialiste Dominique Gros (devenu depuis maire de Metz), où j’obtins le score de 33,26 % des voix. Ce score a été, et reste, le plus beau résultat du FN à Metz. Je remercie encore le soutien, qui a été déterminant, de Philippe Malaud, ancien ministre du Général de Gaulle et de Georges Pompidou, soutien qui a été rendu public sur ma profession de foi du second tour.

NPI : A votre avis, des rapprochements avec d’autres partis politiques seraient une bonne chose pour le FN ?

Si nous partageons les mêmes valeurs, le même programme, pourquoi pas ? Mais alors que font-ils en dehors du FN ?

Je crois qu’au niveau national nous pouvons accepter le ralliement d’autres partis si le FN est l’ossature principale.

En revanche au niveau local, il faut étudier la situation au cas par cas, mais il n’est jamais bon, je crois, de fermer systématiquement les portes comme de se refuser au dialogue, l’union la plus large est toujours nécessaire pour gagner en politique… comme ailleurs.

NPI : De qui vous sentez-vous le plus proche politiquement (homme ou femme contemporain ou non) ?

Mon panthéon est vaste, multiple et varié, mais puisqu’il faut en choisir un, je choisis Maurice Barrès car, bien modestement, je partage avec lui de nombreuses choses, le combat politique bien sûr, mais aussi l’amour des livres, de la poésie, des voyages et des découvertes, de la religion, de l’ésotérisme, de la beauté des femmes… De plus, il a été député de Lorraine, et même le messin que je suis se sent frère de l’ancien député de Nancy.

NPI : Votre conclusion ?

Celle de Jean-Marie Le Pen, qui nous répète toujours dans les succès comme dans les épreuves que « l’avenir commence toujours demain » !

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vendredi, 05 septembre 2008

DOMINIQUE MARTIN (Secrétaire départemental de la Haute Savoie du FN)

A quelques jours de l’Université de rentrée du Front National qui se tiendra à Evian les 1er et 14 septembre prochains, nous avons voulu donner la parole au Secrétaire départemental de ce beau département qu’est la Haute Savoie…


NPI : Dominique Martin , bonjour.
Pouvez-vous vous présenter ?

Bien volontiers.
J’ai 47 ans, 4 enfants, et je suis issu d’une famille de souche haut savoyarde de La Côte d’Arbroz près de Morzine, pas très loin d’Evian où va se tenir notre UDT 2008 les 13 et 14 septembre prochains. Je suis d’ailleurs ravi d’accueillir notre Université d’Été pour la deuxième fois, la première étant en 2002 à L’Impérial Palace d’Annecy, dans des conditions très difficiles, on s’en souvient, puisque le Député Maire de l’époque, Bernard Bosson, avait tout fait pour interdire notre réunion.

Bachelier (série C) à 17 ans, j’ai préparé à Paris le concours d’entrée à HEC. La première année, j’ai intégré une ESCAE (École Supérieure de Commerce et d’Administration d’Entreprise) que j’ai refusée pour présenter à nouveau HEC. Puis, en deuxième année, poussé par l’envie d’entreprendre, j’ai rejoint l’entreprise familiale à Cluses, préférant “un petit chez soi à un grand chez les autres”.

En 1982, après l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr Cöetquidan (Bataillon EOR), j’ai incorporé le 6ème RPIMa (Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine) comme Officier du contingent. Je suis aujourd’hui Capitaine de réserve ORSEM (Officier de Réserve Service État Major), et je suis décoré de la Médaille de la Défense Nationale et de la Médaille des Services Militaires Volontaires (S.M.V.).

En 1999, j’ai cessé mes activités professionnelles pour me consacrer entièrement à mes responsabilités politiques et à mes mandats, tout en demeurant administrateur de société en qualité de PDG de Chaussures Martin SA, jusqu’à sa dissolution en 2004.

Passionné par la vie de la “Cité”, je me suis investi jeune dans de nombreuses associations. C’est ainsi que j’ai été administrateur de la Médecine du Travail de 1985 à 1992, Conseiller Prud’homal suppléant jusqu’en 1995, membre du Bureau régional du Patronat Indépendant (SNPMI) jusqu’en 1994, membre du Comité du Syndicat d’Initiative de Cluses jusqu’en 1992, membre du Bureau départemental de la Fédération des Groupements de Commerçants de la Haute-Savoie, et Président des Commerçants du Centre Ville (GECA) en 1987 et 1988.

NPI : Quel a été votre parcours politique ?

Curieusement, depuis tout petit, la politique m’a toujours intéressé. Je me souviens qu’en 1974 (j’avais 13 ans) je soutenais Jaques Chirac aux élections présidentielles, ce qui m’avait déjà valu au collège (j’étais interne) les habituelles insultes de « facho, nazi, raciste… ». Il est vrai qu’à l’époque Chirac développait un vrai discours de droite (!). Mais sa trahison de 74 (Chaban-Delmas), puis celle de 81 (Giscard), et son virage à gauche m’ont vite écarté de ce social-démocrate.

Il faut savoir que durant mon service national, j’ai été l’officier adjoint du Lieutenant Bruno Racouchot, et ce dernier m’avait beaucoup parlé de Jean-Marie Le Pen et du Front National.

Comme j’étais toujours très intéressé par la politique, j’allais souvent dans les réunions publiques des partis existant à l’époque (sauf le PCF). Et puis, un jour, en 1983, par curiosité, je suis allé à un meeting de Jean-Marie Le Pen. Je dois avouer que j’allais voir « la bête immonde » que décrivait la presse de l’époque, sans aucune intention de